Biographie
Johanne Cinier vit et travaille à Sète, où elle a choisi de revenir après plusieurs années dans la mode à Paris. Dans son atelier baigné de lumière, elle compose des œuvres à partir de tissus, de matériaux récupérés et de fragments du quotidien. Entre peinture et textile, elle construit des images où apparaissent figures féminines, parasols, motifs et objets familiers, dans un univers à la fois contemporain, méditerranéen et ouvert sur des influences californiennes. Son travail transforme la matière en surface habitée.
Texte de presse
Je travaille à partir de la matière.
Tissus, papiers, bois, fragments récupérés : ce sont eux qui déclenchent l’image. Ils portent déjà des traces, des usages, une mémoire. La peinture ne vient pas recouvrir, elle vient révéler, déplacer, recomposer.
Mon travail consiste à faire émerger des présences dans ces surfaces construites.
Des figures féminines, des objets du quotidien et des éléments familiers, comme les parasols, les fleurs, les chaises ou les motifs, apparaissent, nourris par une culture visuelle collective, entre icônes et design des années 60-70.
Ces images surgissent comme des fragments de mémoire ou de sensations, proches de l’état du rêve : elles cohabitent, se superposent, se déplacent, sans chercher une cohérence narrative. Ce qui m’intéresse est cette circulation libre entre les formes, où le familier se transforme et où différentes références, intimes, culturelles et visuelles, se rencontrent dans un même espace.
Je ne cherche pas à raconter, mais à faire exister une image.
Une image qui tient dans un équilibre entre abstraction et figuration, entre construction et spontanéité, entre matière brute et composition.
L’univers visuel s’ancre dans une culture d’aujourd’hui, marquée par la fantaisie, le hors cadre et l’empreinte des années 60-70 : rayures, couleurs franches, formes simples, objets de plein air. Mais cette apparente légèreté est toujours traversée par une tension. La matière résiste, les surfaces ne sont jamais lisses, et de nombreuses références et détails affleurent.
La cohérence de mon travail ne repose pas sur la répétition d’une forme, mais sur une manière de construire.
Chaque série correspond à un moment de recherche. Les sujets évoluent, mais la vision, la matière et les tensions plastiques demeurent.
Je ne produis pas des images finies.
Je construis des espaces où la matière, la couleur et les formes continuent d’agir.