Foire Méditerranéenne des Arts Contemporains - Montpellier
EXPOSITION

Foire Méditerranéenne des Arts Contemporains - Montpellier

LUCAS MANCIONE

Résumé de l'exposition

TitreFoire Méditerranéenne des Arts Contemporains - Montpellier
TypeExposition collective
Date12 novembre 2025 → 16 novembre 2025
Vernissage
Artiste
Site web

Présentation

Présenté par la Ville de Sète dans le cadre de la thématique du Voyage, Lucas Mancione dévoile à Art Montpellier une série de dessins et peintures grands formats qui explorent
ces multiples facettes du déplacement entre migration, métamorphose et élévation.

TEXTE DE KRYSTEL LOCQUET.
Chez les oiseaux migrateurs, il y a les résidents et il y a les vrais migrateurs. Les résidents sont ceux qui se sont sédentarisés. Il y a moins de mortalité au sein de leur population car ils n’entreprennent pas de longs voyages et aussi parce qu’ils occupent de meilleurs territoires avant le retour des migrateurs. Mais le vieillissement est plus rapide chez les résidents que chez les vrais migrateurs qui se sont endurcis lors de leurs multiples déplacements risqués. Lucas Mancione n’est pas le résident d’un lieu donné – Sète – mais il est bien plutôt un habitant du Tout. Il s’intéresse ainsi à toutes les formes de déplacement. « Le déplacement devient plus vital encore lorsqu’il touche au monde animal. Des oiseaux migrateurs, comme le héron ou le pélican, incarnent ce mouvement cyclique, ancestral, nécessaire. Ils relient des territoires, des climats et des saisons, et rappellent que la migration n’est pas seulement une contrainte mais une condition de vie, un élan vers la survie et la continuité. »

L’artiste a ainsi voyagé et résidé à travers le monde : à New York, au Japon, au Vietnam, au Cambodge, en Afrique de l’Ouest, à Los Angeles, avant de revenir s’installer et travailler à Paris aujourd’hui, sans oublier de continuer à faire des aller-retours réguliers vers l’île de Sète, sa ville de naissance et d’attirance, creuset d’immigrations et de multiples cultures. « Certaines de mes toiles mettent en scène le déplacement avec des figures féminines à paddle, glissant sur l’eau entre deux rives, entre la ville et l’île. Ces images racontent un mouvement à la fois physique et symbolique : celui de quitter un lieu connu pour se diriger vers l’inconnu, franchir une frontière liquide et se projeter vers un ailleurs. Voyager, c’est aussi se transformer. Les œuvres évoquent la métamorphose, ce passage d’un état à un autre, qu’il soit physique, psychique ou spirituel. La traversée devient alors un moment de mutation, où l’on abandonne une part de soi pour laisser place à une nouvelle forme d’existence. »

Un livre, Œuvre croisée de William Burroughs et Brion Gysin paru en France en 1976, dans lequel il est question des notions de « cut-up » (découpage) et de « fold-in » (pliage), a été fondateur pour Lucas Mancione. Formes littéraires où un texte original se trouve découpé en fragments aléatoires qui sont réarrangés pour produire un texte nouveau, cut-up et fold-in sont assez proches de la manière de travailler de l’artiste qui utilise l’addition, la superposition et l’extrapolation d’images existantes pour créer de nouvelles compositions qu’il cherche à simplifier et auxquelles il essaye d’enlever du style et de la subjectivité. « Étant né à Sète où il y avait une grosse empreinte de la Figuration libre, et connaissant l’esprit de Cobra et de l’Art Brut – tu ne sais pas dessiner mais tu vas dessiner quand même et ça donnera quelque chose de très personnel –, j’ai essayé de renverser ce principe. En tentant de moins personnaliser mon travail. En jouant plutôt sur les additions d’images, en mêlant une figure à une autre, en projetant des formes, en utilisant le calque. En faisant des combinaisons d’éléments qui n’auraient pas dû se combiner. Plus les rapports sont éloignés et plus cela m’intéresse. Avec ma banque d’images, c’est comme si je travaillais avec une sorte de mémoire collective. J’essaye de toujours utiliser quelque chose de connu et de m’en amuser. »

Pour Lucas Mancione, il faut que la référence reste sous-jacente, que le détournement demeure implicite. Comme dans cette série de peintures sur laquelle il travaille depuis quelques années et qui s’intitule Spécial Femme, les iconographies dépouillées : « J’utilise des formes de contours de corps féminins issus de peintures très célèbres de la Renaissance. Pour moi les tableaux les plus réussis sont ceux où on ne reconnaît pas la référence au tableau ancien. Certaines de mes peintures s’inscrivent dans un dialogue avec l’histoire de l’art et proposent un voyage dans le temps. Je revisite des tableaux de la Renaissance, en en proposant des versions désossées, épurées, simplifiées. Ces détournements sont comme des réminiscences fragmentées, où le passé se recompose autrement dans le présent, créant un pont entre mémoire picturale et réinvention contemporaine. »

Le voyage dans toutes ses dimensions, qu’il soit migration, déplacement physique ou temporel, passage intérieur, métamorphose, est précisément le fil conducteur du travail de Lucas Mancione qui relie entre eux ses différents territoires intérieurs. Il y a plus de cellules dans le corps humain que dans l’univers : notre corps et ce qu’il produit avec ses mains dépasse l’échelle du cosmos. « Au-delà de la terre et des mers, le voyage prend une dimension cosmique. Mes dessins et peintures se projettent vers l’infini, explorant l’idée d’une navigation dans l’espace, au milieu des constellations et des forces célestes. Cette dimension ouvre l’imaginaire à un autre rapport au temps et à l’échelle de l’univers. Mes œuvres présentées à Art Montpellier – dessins de grand format et peintures – exploreront ces différentes facettes du voyage, en ouvrant des récits visuels où le réel dialogue avec l’imaginaire. »

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